Comment le commentaire malherbien sur l’œuvre de Desportes au début du XVIIe siècle représente-t-il une certaine rupture dans l’acte de lecture ?

Travail réalisé pour le cours de Guillaume Peureux


Au XVIe et XVIIe siècle apparaissent différents éléments marqueurs de grands bouleversements littéraires. On écrit, diffuse, et lit différemment. Comment la lecture a-t-elle évolué ?

On s’intéresse ici à la lecture dans son ensemble, mais surtout à la lecture de poésie par d’autres auteurs. Les lecteurs-auteurs annotent, marquent, biffent ; ils s’approprient le texte, tantôt faisant évoluer l’œuvre (toute appropriation d’un poème peut le modifier), tantôt prenant le rôle de censeurs stylistiques. En critiquant, en jugeant le texte, ces lecteurs deviennent des co-auteurs. La littérature est alors une activité collective, vivante et mouvante. La lecture par les autres auteurs est impliquée, engagée, active, avec parfois des propositions de réécritures. Ces phénomènes apparaissent à peu près au même moment chez plusieurs auteurs, et de façon notable chez Malherbe avec sa critique sur l’œuvre de Desportes. Comment le commentaire malherbien sur l’œuvre de Desportes au début du XVIIe siècle représente-t-il une certaine rupture dans l’acte de lecture ? Qu’est ce que cet acte nous dit sur les lecteurs de son temps ? Est-il représentatif ou bien a-t-on affaire à une originalité, un épiphénomène sans conséquence ?

Si la production d’un texte est perçue comme un travail solitaire et singulier cela n’exclue ni la collaboration ou la construction d’œuvres à plusieurs. Ici, les œuvres collectives sont créés postérieurement à leurs éditions, sans même la volonté du premier auteur. Les auteurs se corrigent entre eux, des copies non officielles des œuvres sont diffusées. Malherbe par exemple laisse des éditions pirates circuler, et choisit même d’en offrir une lorsqu’il n’a plus d’ouvrages en sa possession. Toutes ces interventions font évoluer les ouvrages. Au XVIe et XVIIe siècle, la situation est singulière concernant les œuvres littéraires. L’objet livre n’est pas encore sacralisé, ou du moins pas comme au XIXe siècle. Les auteurs et les lecteurs acceptent que les textes soient fondamentalement instables dans cette configuration. Le lecteur corrige, perfectionne. Comment le commentateur, en s’appropriant un texte, devient un auteur à son tour ? On peut se demander si les pratiques de lectures avec annotations font évoluer la littérature.

D’abord, on verra comment est perçu l’acte de lecture à cette période, puis on s’intéressera plus particulièrement à l’œuvre de Desportes, et notamment aux remarques de Malherbe dans le

développement de sa critique. Comment les auteurs se lisent-ils entre eux ? En critiquant l’œuvre de Desportes, Malherbe offre un commentaire qui fait état d’une rupture dans la littérature en ce début de XVIIe siècle. Le geste de Malherbe est-il le symbole d’une pratique déjà courante ou bien l’énième originalité de sa personnalité contradictoire ? La lecture de l’œuvre de Desportes par Malherbe est-elle un simple faire valoir pour le critique ? Si son geste n’est pas tout à fait unique, il est à l’origine de nombreux commentaires, influencés par son travail, qui prendront place jusqu’à la fin du XVIIe siècle et après, avec la Querelle du Cid en particulier, jusqu’aux œuvres critiques contemporaines, ce qu’on étudiera dans une troisième partie.

La lecture jusqu’au XVIe siècle

Lire au XVIe siècle, c’est jouir de certains privilèges : il faut être éduqué, avoir le temps, avoir de la lumière, être au chaud. Peut-être ne lit-on pas tout à fait de la même manière qu’aujourd’hui, et selon le milieu duquel on est issu. Si certains étudient religieusement leurs ouvrages dans leur cabinet ou leur bibliothèque, la majeure partie de la population est illettrée et a accès à la littérature par les vers chantés. Ces poésies déclamées ou mises en musique permettent de s’adresser, dans des prises de paroles orales, au plus grand nombre.

D’Aubigné fait siennes les deux propositions : pour lui « il est certain que ces vers se marient mieux que les autres avec le chant » : c’est l’idée de Baïf. Mais il est certain aussi que les vers mesurés ont besoin de la musique pour être appréciés ; c’est pourquoi, comme l’ont montré J.-M. Noailly et I. His, toutes les pièces en vers mesurés d’Agrippa d’Aubigné sont chantables et conçues pour le chant. Le chant réclame des vers mesurés comme les vers mesurés réclament le chant.1

Peu à peu, la lecture silencieuse se répand. On voit apparaître certaines formes de lectures qui font entrevoir la naissance de la critique, comme les cahiers de lieux communs. Ces cahiers de notes regroupent citations, résumés d’ouvrages, choses vues ou expérimentées. On voit même apparaître, de façon plus anecdotique, la roue à livre :

Mue par une série d’engrenages, la roue à livres permet au lecteur de faire apparaître simultanément devant lui plusieurs livres ouverts, disposés sur chacun des pupitres que comporte l’appareil. La lecture qu’autorise un tel instrument est une lecture de plusieurs livres à la fois. Le lecteur qui la pratique est un lecteur qui confronte, compare, collationne les textes, qui les lit pour en extraire citations et exemples, et qui les annote de façon à repérer et indexer plus facilement les passages qui ont retenu son attention.2

1 Jean Vignes. « Brève histoire du vers mesuré français au XVIe siècle ». In: Albineana, Cahiers d’Aubigné, 17, 2005. Musique, poésie et vers mesurés. pp. 15-43; doi : 10.3406/albin.2005.992 http://www.persee.fr/doc/albin_1154- 5852_2005_num_17_1_992 Document généré le 14/03/2016
2Les modèles de lecture des temps modernes par Guglielmo Cavallo et Roger Chartier http://classes.bnf.fr/livre/arret/auteur-lecteur/lecture/06.htm

Le livre devient un moyen de développer son intelligence, de s’ouvrir aux monde, de voyager. L’Église tente de faire lire tous les chrétiens. La lecture n’oblige plus l’oralité et peut se faire de manière silencieuse. On peut toujours lire de façon rituelle, mais aussi chez soi. Lire est autant une activité collective que solitaire.

On lit dans des salons littéraires ou à la cour, dans les études ou en famille, dans des cercles de lecture, mais aussi seul. La politique incite les lecteurs : cercles lettrés, groupes de poètes, et établissements d’enseignement humaniste naissent en France. L’imprimerie se répand et facilite la circulation des ouvrages. Le lecteur peut noter directement sur le livre, écrire des indications personnelles. Malgré la place qui n’est pas laissée au lecteur dans la construction d’une page imprimée (peu d’espace et de marges), le lecteur s’empare du texte et y laisse sa marque. Il prend alors la place d’un collaborateur à l’auteur, d’un co-auteur. Dès la deuxième moitié du XVIe siècle quelques ouvrages annotés nous sont parvenus. Les recueils apparaissent, et l’importance des préfaces se développe. Il ne suffit plus d’écrire, mais aussi d’expliquer sa démarche en tant qu’auteur :

[…]dans le Parnasse une préface explicative en prose définit un art poétique affichant le besoin d’expliquer sa méthode de compilation. C’est ici que Gilles distingue trois gestes poétiques très clairs : « Aussi ne trouverez estrange si vous rencontrez des vers ostez et sincopez en quelques lieux, et des demy vers liez à autres, et quelque fois des demy vers adjoutez du mien : car tout cela ay je fait pour mieux lier & joindre le sens de la poësie et des sentences. » Est immédiatement posée une poétique subversive, de bouleversement formel des textes au nom d’un impératif sémantique. Une quête de la conjointure du sens moral et du beau poétique est ainsi à l’œuvre, ce qui implique un art nécessaire de la retouche, du maçonnage des extraits pour qu’ils fassent sens selon les lieux communs sous lesquels ils sont classés.3

Si les cahiers de lieux communs sont très répandus, un auteur au XVIe siècle fait preuve d’originalité en produisant une critique nouvelle et singulière : Montaigne, dans ses Essais, juge des œuvres dans leur ensemble et en rend compte de manière thématique.

Pour moy, qui ne demande qu’à devenir plus sage, non plus sçavant ou eloquent, ces ordonnances logiciennes et Aristoteliques ne sont pas à propos. Je veux qu’on commence par le dernier poinct : j’entens assez que c’est que mort, et volupté, qu’on ne s’amuse pas à les anatomizer. Je cherche des raisons bonnes et fermes, d’arrivée, qui m’instruisent à en soustenir l’effort. Ny les subtilitez grammairiennes, ny l’ingenieuse contexture de parolles et d’argumentations, n’y servent : Je veux des discours qui donnent la premiere charge dans le plus fort du doubte : les siens languissent autour du pot. Ils sont bons pour l’escole, pour le barreau, et pour le sermon, où nous

3 Antonin Godet, « Oser l’anthologie : Gilles et Galiot Corrozet éditeurs du Parnasse des poètes françois modernes (1571-1578) », 2018, https://recueils.hypotheses.org/273

avons loisir de sommeiller : et sommes encores un quart d’heure apres, assez à temps, pour en retrouver le fil. 4

Il n’hésite pas à donner son point de vue, ni dénoncer, critiquer les auteurs de son temps qui se contentent de traduire ou transformer des œuvres italiennes :

Il m’est souvent tombé en fantasie, comme en nostre temps, ceux qui se meslent de faire des comedies (ainsi que les Italiens, qui y sont assez heureux) employent trois ou quatre argumens de celles de Terence, ou de Plaute, pour en faire une des leurs. Ils entassent en une seule Comedie, cinq ou six contes de Boccace. Ce qui les fait ainsi se charger de matiere, c’est la deffiance qu’ils ont de se pouvoir soustenir de leurs propres graces. 5

Cette critique sur la traduction semble souvent être à l’origine des commentaires ou querelle. On reproche aux auteurs leur manque d’originalité lorsqu’on décèle leur source d’inspiration, qu’elle soit latine, grecque, italienne, espagnole, anglaise ou flamande. La période de la Renaissance voit en effet fleurir ces traductions ou réécritures. Mais la poésie, et l’image du poète, est-elle à cette époque si significative qu’on tend à le penser ?

Le rôle apparent du poète parmi les hommes est moins considérable qu’on ne l’imagine, son influence étant souterraine. Pour la plupart, il reste une sorte d’histrion, de domestique supérieur au service du prince, voire un pédant, un faiseur, qui ne peut s’exprimer comme tout un chacun, un décorateur ajouteur ses harangues policées aux guirlandes des cérémonies en l’honneur des naissances, des mariages, des entrées dans les villes, des funérailles des grands.6

L’honneur du poète n’est peut-être pas aussi noble qu’on pense à le croire. Il ne tient pas une place d’influence au grand jour, mais plutôt un rôle déguisé tantôt en conseiller, écuyer ou domestique au service de la cour, quand il a ce privilège. On peut supposer que les ouvrages annotés étaient nombreux mais potentiellement considérés comme abimés par ses biffures ou indications personnelles, donc peu conservés par les bibliothèques. Les ouvrages annotés qui ont pu traverser l’histoire sont majoritairement des livres ayant appartenus à des auteurs qui se sont illustrés dans leur domaine, comme Malherbe.

II Le commentaire de l’œuvre de Desportes par Malherbe

Soumis à des régimes d’appropriations, les textes sont instables. Ils évoluent avec leurs lecteurs. En ce sens, Malherbe a contribué à déconstruire la réputation d’un poète de son temps : Philippe Desportes. Par la même occasion, Malherbe rend célèbre ce genre de critiques. Avant cela, elles prenaient place de façon officielle dans les préfaces, ou de façons privées dans les éditions personnelles. Comment cette lecture marque-t-elle un bouleversement poétique ?

4 Montaigne, Essais, 172v
5 Montaigne, Essais, 171
6 Robert Sabatier, Histoire de la poésie française Albin Michel 1975, p. 14

Le commentaire de Desportes par Malherbe marque une étape décisive dans l’histoire du

commentaire de poésie française au XVIIe siècle. Autant que le symptôme d’une révolution poétique alors en marche, ce commentaire marque aussi une manière de lire nouvelle. Dans un monde préromantique qui n’a pas sacré l’imagination ou la nouveauté, sans qu’il faille en faire pour autant des données entièrement exclues à l’époque, ce qu’écrit le poète, parce que c’est un objet qui peut être commenté, ne lui appartient pas totalement. Le passage à l’imprimé, que nous considérons comme un processus de fixation pérenne, ne signifie pas autant pour Malherbe et ses contemporains. Par conséquent, outre la position auctoriale qui est amenée à être reconsidérée, puisque le texte se partage et appartient à ceux qui le lisent pour la corriger en vue de l’améliorer, c’est aussi celle de l’œuvre qui étant comme nécessairement inachevée, et offerte comme telle en quelque sorte, n’existe que comme proposition, voire invitation à réécriture. L’idée d’œuvre achevée et parfaite du fait de son achèvement est alors suspendue.7

Desportes est un poète inspiré, entre autres, par Platon, Virgile, Pétrarque8. L’année 1566, Desportes passe du temps à Rome et on peut supposer en analysant sa production et sa bibliothèque9, qu’il était influencé par les poètes italiens. Malherbe, lui, est un homme souvent négatif, persuadé qu’il jouit d’une mauvaise fortune, autrement dit qu’il n’a jamais de chance. De son vivant, Desportes est plus réputé que malherbe, il réussit financièrement, il est reconnu par ses paires et par la cour :

Les opulents bénéfices qui avaient récompensé le zèle de Desportes, de Bertaut, de Du Perron, devaient inspirer à Malherbe l’espoir de s’élever, grâce à son talent, à une brillante situation.10

Philippe Desportes passe un moment à Rome (quelques mois ou un an selon les sources), et s’inspire directement de la littérature italienne du XVIe siècle pour créer ses œuvres. Il imite ou traduit des auteurs comme Pétrarque, Dante ou l’Arioste. Il se rend dans des salons littéraires ou à l’Académie du Palais. Desportes est, en tout point, un homme de lettre, un intellectuel dirions-nous aujourd’hui. Il s’intéresse aux langues, à la religion, à l’histoire, aux sciences. C’est un érudit. Malherbe le voit comme un arriviste, un poète dont la mondanité est à la hauteur de la fadeur de ses vers. À sa mort, il s’empresse de le railler dans un commentaire qui déconstruit l’œuvre, et, par le même temps, la réputation de celui qu’il l’avait toujours, de son vivant, devancé. Il voit en lui un auteur de cour pédant. Il lui livre un attentat poétique. On peut alors se demander : la lecture de

7 Guillaume Peureux, « Malherbe et le commentaire de poésie au XVIIe siècle. Commenter et réécrire », Dix-septième siècle, 2013/3 (n° 260), p. 455-468. DOI : 10.3917/dss.133.0455. URL : https://www.cairn.info/revue-dix-septieme- siecle-2013-3-page-455.htm
8 Robert Burgess, “Mannerism in Philippe Desportes.” L’Esprit Créateur 6, no. 4 (1966): 270-81. http://www.jstor.org/stable/26277385

9 François Rouget, « Les livres italiens de Philippe Desportes », Italique [En ligne], X | 2007, mis en ligne le 01 septembre 2010, consulté le 12 décembre 2019. URL : http://journals.openedition.org/italique/78 ; DOI : 10.4000/italique.78
10 Antoine Adam, préface pour Malherbe, Poésies Édition, Poésies/ Gallimard, 1971, p14

Malherbe a-t-elle participé à l’immortalité de l’œuvre de Desportes, ou, au contraire, l’a-t-elle condamné pour toujours dans la critique littéraire naissante ?

Le commentaire que fit Malherbe des œuvres de Desportes nous paraît constituer une véritable «lecture», au sens que Ton donne actuellement à ce terme, du poète chartrain. Et c’est ce qui justifie l’intérêt que nous lui portons. Ce commentaire a déjà fait l’objet de mainte étude, et d’examens attentifs.11

Héritier de Ronsard, Desportes semble avoir plus de talent que veut nous dire Malherbe. Celui qui a aussi longuement raillé Ronsard nous offre des indices sur l’importance du lien entre politique et poésie au XVIe siècle. Les deux poètes expérimentent des vies similaires, parallèles, tantôt au service de la royauté tantôt en compagnie des poètes de leur temps. Malherbe lui adresse une insulte alors qu’il s’inspire librement de son travail, or ses critiques semblent parfois infondées :

[…]On s’apercoit, non sans surprise, que la plupart des regles dont on rapporte l’invention à Malherbe, ont été systématiquement (mais sans pédantisme) appliquées par Desportes.12

Desportes est plus vieux que Malherbe d’une dizaine d’année, mais semble avoir plus de facilité à se frayer un chemin confortable que son cadet. Malherbe paraît jaloux de cette réussite qu’il ne cessera de dénigrer après la mort du poète. Rétrospectivement, on note que Malherbe a gagné une certaine postérité alors qu’il était moins fameux que Desportes en son temps. Entre contradiction et mauvaise foi, il fait remarquer les incohérences de thèmes ou les erreurs de versifications, mais aussi beaucoup les règles, l’usage :

[…]il critique, ailleurs, tel provincialisme «Veu que, mesme en brûlant, assez fier il sera Qu’autre feu que du ciel n’ait puny son audace» lorsqu’il commente : «fier en ceste signification de joyeux est peu reçu hors de Normandie». Le refus des enrichissements lexicaux chers à la Pléiade se double de la volonté explicite de «dégasconner» la langue, puisque l’usage sera d’abord, au 17ème siècle, celui de la Cour. 13

Malherbe est très attaché à l’uniformisation de la langue française écrite, c’est ce qu’on pourrait appeler un puriste : « […]il avoit voulu jusqu’à la mort maintenir la pureté de la langue françoise ».14 Malherbe relève ce qui ne lui plait pas, ce qu’il ne considère pas comme de la poésie, ou qui relève de fautes de grammaire ou d’orthographes selon lui. Il lit à sa manière : c’est commenter, biffer,

11 Colette Teissier. « Malherbe lecteur de Desportes ». In: Bulletin de l’Association d’étude sur l’humanisme, la réforme et la renaissance, n°19, 1984. pp. 38-47; doi : https://doi.org/10.3406/rhren.1984.1435 https://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1984_num_19_1_1435 Fichier pdf généré le 09/04/2018
12 Poètes du XVIe siècle édition établie et annotée par Albert-marie Schmidt, Éd. Gallimard 1953, La pléiade, p785

13 Colette Teissier, art. cit.
14 Tallemant des Réaux – Les historiettes, tome I/172

annoter, réécrire, traduire. Malherbe ne semble pas porter beaucoup d’affection à Desportes, malgré tout l’intérêt qu’il lui consacre :

Dans ces conditions, n’ayant pour l’œuvre que fort peu d’estime, pour l’homme moins de respect que d’envie, il était probable que Malherbe de garderait pas grand ménagements. En effet, un jour qu’il était allé diner avec Régnier chez Desportes, ils trouverent qu’on avait déjà servi les potages. « M. Desportes reçut M. de Malherbe avec une grande civilité, dit Racan, et, offrant e lui donner un exemplaire de ses Psaumes, qu’il avoit nouvellement faits, il se mit en devoir de monter en sa chambre pour l’aller quérir. M. de Malherbe dit qu’il les avoit déjà vu, que cela ne valoit pas qu’il prit la peine de remonter et que son pôtage valoit mieux que ses psaumes.15

Cette raillerie concerne tout de même une grande partie de l’œuvre de Desportes, preuve de l’intérêt que lui portait son sévère critique. Il annote son œuvre dans une « optique pamphlétique »16. Il multiplie les interventions correctives : il indique « mal parlé » ou encore « mal exprimé» à de nombreuses reprises. Il prend son œuvre au sérieux de façon détaillée et pointilleuse. Scrupuleusement, il analyse la forme, la poétique, avec rage et suffisance.

Quand Malherbe fait référence par exemple à un modèle latin que Desportes aurait voulu imiter, c’est pour montrer l’échec de l’entreprise. 17

Il se permet de corriger certains vers, et même d’en réécrire de supposément meilleurs, en tout cas ils lui plaisent davantage. Il critique la supposée platitude des vers de Desportes, mais on peut noter que certains des verbes de Malherbe sont étrangement semblables à ceux qu’il juge. Ci-après, trois extraits de Desportes, Malherbe et Ronsard (ordre des citations suivantes) qui traitent du même thème et plus ou moins de la même manière.

Car si je meurs, Madame, en vous faisant service, Jamais plus grand honneur je ne puis acquérir : Vous me récompensez en me faisant mourir, Pourvu que ma douleur par mon trespas finisse.18

Ces vers de Malherbe semblent fortement inspirés de celui qu’il critique :

J’avais toujours fait compte aimant chose si haute, De ne m’en séparer qu’avecque le trépas,
S’il arrive autrement ce sera votre faute,

15 Tallemant des Réaux – op. cit. p. 81
16 Colette Teissier, art. cit.
17 Guillaume Peureux art. cit.
18 Ph. Desportes, Les Amours d’Hippolyte, éd. critique suivie du commentaire de Malherbe, éd. V. E. Graham, Genève, Droz, « TLF », 1960.

De faire des serments et ne les tenir pas.19
Finalement on trouve, non sans surprise, les mêmes thèmes chez Ronsard, quelques années avant les publications de Desportes :

Mais, s’il advient que ces tresses orines, Ces doits rosins et ces mains yvoirines Froissent ma vie, en quoi retournera
Ce petit tout? En eau, air, terre ou flamme? Non, mais en voix qui toujours de ma dame Par le grand tout les honneurs sonnera 20

L’imitation règne, tant dans l’usage, le rythme, les thèmes ou le vocabulaire choisit.

À ce dernier titre Aubigné pourrait lui reprocher, comme il le fait à Desportes dans la Lettre XI, d’écrire « sur les inventions d’autrui ». En effet, de la même manière qu’il imite parfois de très près Ronsard, Amadis se livre à de quasi-traductions des néo-pétrarquistes italiens, puisant ainsi aux mêmes sources que Desportes.21

On peut voir se dessiner comme deux clans qui s’affrontent, avec Malherbe qui prend la place du railleur. Dans les amis de Desportes on compte notamment Robert Garnier, Jacques Davy Du Perron, Jamyn, Baïf, Belleau, et dans celui de Malherbe on retrouve Chapelain, Balzac, Faret ou encore Vaugelas. Alors que Desportes bénéficie des faveurs royales, Malherbe a du mal à trouver sa place. Malherbe se définit lui même comme un « arrangeur de syllabes », une sorte de technicien du vers, c’est ce qu’il aurait avoué à son ami et biographe, Racan :

Il ne s’épargnoit pas lui-même en l’art où il excelloit, et disoit souvent à Racan : « Voyez- vous, mon cher monsieur, si nos vers vivent après nous, toute la gloire que nous pouvons en espé rer, c’est qu’on dira que nous avons été deux excellents arrangeurs de syllabes, et que nous avons été tous deux bien fous de passer toute notre vie à un exercice si peu utile et au public et à nous, a u lieu de l’employer à nous donner du bon temps, et à penser à l’établissement de notre fortune.22

La sévère critique sur la poésie de Desportes traduit-elle une mesquine vengeance de Malherbe ? Un simple règlement de compte après une rivalité de toute une vie non digérée ?

19 Malherbe « Dessein de quitter une Dame qui ne le contentait que de promesses » in Anthologie de la poésie française « bouquins » ed Robert Laffont, 1984, p. 316
20 P. de Ronsard Le premier livre des amours p.22-23
21 Florence Dobby-Poirson. Entre Ronsard et Desportes : Amadis Jamyn. In: Albineana, Cahiers d’Aubigné, 22, 2010. « Une volée de poètes » : D’Aubigné et la génération poétique des années 1570-1610. pp. 125-141; doi : 10.3406/albin.2010.1142 http://www.persee.fr/doc/albin_1154-5852_2010_num_22_1_1142 Document généré le 27/04/2017 Entre Ronsard Et Desportes : Amadis Jamyn

22 Tallemant des Réaux – Les historiettes, tome I/172

23

Sans s’attarder trop longuement sur les envies revanchardes de Malherbe, on peut se demander ce que sa critique apporte à la

littérature. Grâce au commentaire de Malherbe, on peut appréhender

une nouveauté : l’œuvre n’appartient pas uniquement à son auteur : elle appartient à celui qui le lit, et celui qui la commente la fait sienne.

Guillaume Peureux évoque un « processus de mainmise »24 du lecteur-commentateur sur l’œuvre du poète. Finalement, dans sa critique, Malherbe révèle, d’une certaine manière, le génie poétique de Desportes. Cette critique n’est peut-être pas représentative de l’acte de lecture au XVIe et XVIIe siècle dans sa généralité, mais de phénomènes d’annotations naissants ?

En raison même de la manière dont Malherbe (et, on le verra plus loin, d’autres commentateurs plus tard dans le XVIIe siècle) considère l’écriture et la langue poétiques, les actes de lectures, de commentaire et de réécriture y apparaissent sous un jour inédit de quasi coïncidence.25

Le commentaire de Malherbes inspire d’autres commentaires et préfigure une certaine classicisation. On voit apparaître alors des commentaires du commentaire, comme l’ouvrage de Ferdinand Brunot La doctrine de Malherbe d’après son “Commentaire sur Desportes”, ou celui d’Urbain Chevreau, qui lui n’hésite pas à souligner les contradictions malherbiennes :

Urbain Chevreau fait des réflexions sur l’utilisation de la lettre r, la grammaire, l’orthographe (par exemple avec le mot bise, qu’il remarque être écrit tour à tour bize, bise ou bise, chose illogique selon lui). Il fait remarquer les contrefaçons tirées de l’œuvre de Virgile, copies qu’on appellerait aujourd’hui plagiat. Pourquoi ces lectures attentives ? On peut se demander si ces auteurs veulent

23 Le Greco, Peinture à l’huile, 1609
24 Guillaume Peureux, « Un Ronsard à sa main. Un recueil manuscrit dans la bibliothèque de Jean de Piochet (1532-

1624) ». Résumé de la communication du 19/10/17,” publié sur Lire par morceaux. Recueils et anthologies, le 24/10/2017, https://recueils.hypotheses.org/152.
25 Guillaume Peureux, « Malherbe et le commentaire de poésie au XVIIe siècle. Commenter et réécrire », Dix-septième siècle, 2013/3 (n° 260), p. 455-468. DOI : 10.3917/dss.133.0455. URL : https://www.cairn.info/revue-dix-septieme- siecle-2013-3-page-455.htm
26 Urbain Chevreau, Remarques sur les œuvres poëtiques de Mr. de Malherbe…, Paris, 1660

Cependant Mr. de Malherbe n’a pas esté si delicat. Il a dit en quelque endroit, Vous me

donnez tout à la fois deux grandes joyes, l’une, de me faire savoir la santé de vous & de vos affaires, l’autre, &c. outre qu’il n’y a que les Etrangers qui soient capables de dire, la santé de vous, il falloit tourner, vous me donnez tout à la fois deux grandes joyes, l’une de me faire savoir votre santé, et

l’heureux, ou le bon état de vos affaires, l’autre, &c.26

participer à l’œuvre commentée, s’attirer une certaine gloire à travers ces critiques, ou juste le faire par plaisir, ou encore pour s’inspirer :

[…]Monsieur Chevreau ayant pris Malherbe, fit plus de la moitié de ces Remarques, en moins de trois heures, sans autres dessein que celui de se divertir[…]27

Dans cette configuration, Malherbe aurait d’un côté apporté un appauvrissement de la langue, en interdisant certaines tournures comme les mots-composés d’adjectifs au sens opposés.

Desportes avait employé doux poignant : Priant tous palladins qui passeront ici,
S’ils ont jamais senti le doux poignant souci Du grand vainqueur des Dieux

Malherbe a rayé ce mot dans son exemplaire

[…]

Un de ces composés a survécu : c’est aigre-doux créé par Baïf.

Mais les autres se sont éteints, laissant une place vide, un doux-cruel amour se dit un amour à la fois doux et cruel.28

Le commentaire de Malherbe n’est peut-être ni le premier ni même le plus illustre, mais il est symptomatique de la naissance d’une critique littéraire notable. C’est plus tard, avec la Querelle du Cid que ces critiques prendront un tournant qui influenceront poétique et politique.

III La querelle du Cid et l’Académie

En 1637, Corneille est critiqué par bon nombre de ses paires : mauvaise imitation, copie, incohérences, vers mal formulés : les prétextes à railler son œuvre ne manquent guère. Les auteurs, semblablement influencés par les critiques précédentes, (et particulièrement celle de Malherbe), se font les juges de la pièce de théâtre de Corneille. Aujourd’hui, on peut noter que cette querelle a pu apporter au Cid une renommée inattendue, contrairement à la critique de Malherbe qui aura eu pour conséquence de placer à l’arrière plan –au moins pour un temps – l’œuvre de Desportes. On pourrait actuellement parler de polémique : la meilleure publicité aurait été, pour Corneille, sa critique démesurée.

En fait, ce premier XVIIe siècle n’ignorait pas la polémique puisque les années vingt avaient vu l’opposition de Malherbe à Desportes et à Régnier et le procès de Théophile ; la querelle des Lettres de Balzac avait commencé en 1630 et celle entre ce dernier et Heinsius (sur sa

27 Urbain Chevreau, op.cit. p.3
28 Ferdinand Brunot, La Doctrine de Malherbe d’après son commentaire sur Desportes, Paris, 1891, p. 290-291

tragédie Herodes infanticida) en 1632 ; l’affrontement entre réguliers et irréguliers au théâtre durait depuis le début des années trente.29

Corneille est accusé par ses rivaux (Scudéry, Mairet…) d’imitation, de manque d’originalité, et de mauvaise formulation. Sa défense : « Je ne dois qu’à moi seul toute ma renommée, Et pense toute fois n’avoir point de rival », attirera encore plus de critique. Il est accusé alors de suffisance. La situation devient une crise politique ; c’est l’institution de Richelieu qui est mise à mal à travers l’image de l’Académie française. C’est la traduction qui est l’objet de toutes les critiques, pourtant monnaie courante dans la création poétique depuis l’Antiquité. Aujourd’hui, on évoquerait un plagiat :

Le mot « plagiat » ne convient pas vraiment en cette époque où il n’est pas honteux de traiter un sujet déjà utilisé par d’autres, où la propriété littéraire est encore limitée, où les pièces doublons ne sont pas rares quand le succès est à la clef.30

Les rivaux de Corneille lui reprochent la copie, mais aussi l’usage de la langue. Jean-Marc Civardi note les ressemblances avec la critique dont Desportes avait été la cible :

Aujourd’hui ces remarques si scrupuleuses nous semblent parfois friser la mesquinerie ; les partisans de Corneille accusent souvent leurs adversaires d’« éplucher » froidement les vers sans les apprécier, reproche dont on avait accablé Malherbe. Mais c’est bien ce que ce dernier avait pratiqué sur son propre exemplaire des poésies de Desportes. Scudéry s’inscrit aussi dans un courant normatif en pleine expansion, tel celui de Vaugelas.

Georges de Scudéry scrute les procédés poétiques, l’usage, la cohérence, il semble tout à fait dans la lignée de Malherbe. Ses remarques produiront les Sentiments de l’Académie française qui observent minutieusement l’œuvre cornélienne. Entre attaques et défenses, les lettrés français du XVIIe siècle prennent tous partie et alimentent la Querelle.

Seul Chapelain a tempéré cette accusation dans Les Sentiments de l’Académie française puisqu’il y reconnaît que Corneille a dépassé l’auteur espagnol

Cette défense modérée de Chapelain montre, à travers son intervention, une attaque déguisée. En reconnaissant que Corneille dépasse Guillén de Castro, c’est d’abord reconnaître la copie. À nouveau, Civardi fait le parallèle avec la querelle Malherbe-Desportes, quoique la Querelle du Cid n’est pourtant pas à mettre à un plan similaire. L’unilatéralité de la critique de Malherbe n’engage aucune réponse (Desportes est déjà mort), c’est donc les soutiens de Desportes qui répondront pour lui.

29 Jean-Marc Civardi, « Quelques critiques adressées au Cid de Corneille en 1637-1638 et les réponses apportées », Dans L’information littéraire 2002/1 (Vol. 54), pages 12 à 26
30 Jean-Marc Civardi, art. cit.

Ses adversaires posent le problème de la légitimité à réformer le langage, comme l’avaient fait Régnier et Mlle de Gournay face à Malherbe et ses épigones, ou ridiculisent les propos au nom de la logique.31

Alors que la querelle du Cid attaque un auteur vivant et productif, Corneille. Cette querelle du Cid est notable parce que première d’une interminable suite de polémique. Ce qui est singulier, c’est la façon de critiquer, d’annoter, de scruter un texte à la loupe pour en repérer chaque incohérence, défauts grammatical ou originalité orthographique. Cette polémique fait entrer définitivement la critique dans la création poétique. On note d’ailleurs des critiques de critiques, par exemple quand quelques années plus tard, Pierre Coste critique Vigneul Marville qui lui essaie de critiquer La Bruyère. Dans son ouvrage Défense de M. de La Bruyère et de ses Caractères contre les accusations et les objections de M. de Vigneul-Marville, Pierre Coste, critique la critique. « tout le monde le lit en France, & dans les Païs Etrangers où l’on l’imprme aussi souvent qu’en France. Cependant voici un François, homme de Lettres, qui voulant critiquer la Bruyere, lui fait dire précisément tout le contraire de ce qu’il dit. 32 On est dans une mise en abyme concrète, dans la critique dans la critique.

« Vigneul-Marville trouve dans ces paroles une vanité ridicule & sans égale : mais il auroit fait plus de justice à la Bruyere, s’il y eût vû une Satyre ingenieuse de ces gens, qui roturiers de leur propre aveu, tandis qu’ils sont pauvres, croyent être nobles, dès qu’il viennent à faire fortune. »33

Cette critique littéraire naissante est impliquée et prolifique. Malherbe, Le Cid, La Bruyère, Ménage … : on voit que Malherbe est, en quelque sorte, l’initiateur de ces critiques ou polémiques du XVIIe siècle.

Malherbe incarne le modèle de cette nouvelle critique de grammairien sans autre règle que la pureté de langue et de style, le souci de clarté et de précision. Pointilliste comme un glossateur du siècle précédent, pointilleux comme un maître de corporation formant des apprentis, il dépose au long des œuvres de Desportes l’expression disséminée de ses réprobations fondées en raison et en principe, mais sans secours des anciens ni d’aucune autorité que la sienne. Ce sera la position de Chapelain menant pour le compte de l’Académie l’assaut contre Le Cid, pas à pas et scène à scène ; celle de Ménage appréciant vers à vers les diverses versions des sonnets sur « La Belle matineuse ». Le critique se fige alors dans la posture du censeur.34

31 Jean-Marc Civardi, art. cit.
32 Pierre Coste, Défense de M. de La Bruyère et de ses Caractères contre les accusations et les objections de M. de Vigneul-Marville [1702] – disponible dans : Les Caractères de Théophraste, avec les Caractères ou les Mœurs de ce siécle, par M. de La Bruyère…, 1743, tome II, p. 291
33 Pierre Coste, op.cit.
34 Patrick Dandrey , « Naissance de la critique littéraire au XVIIe siècle ? », Littératures classiques, 2015/1 (N° 86), p. 5-16. DOI : 10.3917/licla1.086.0005. URL : https://www.cairn.info/revue-litteratures-classiques-2015-1-page-5.htm

Ainsi, l’écrivain-lecteur devient en quelque sorte le co-auteur du texte. Ces pratiques du XVIe et XVIIe siècle pourraient d’ailleurs être confrontées aux formes d’écriture et de lectures contemporaines. Les différentes façons de lire que revêtent aujourd’hui les infinies possibilités digitales reprennent cette configuration de lecteur-acteur et permet à celui qui lit de faire sien des textes de façon naturelle. Le lecteur peut agir directement sur ses textes : les photographier, les partager, les modifier ou en extraire des passages. La bibliothèque rêvée chez les humanistes prend aussi forme peu à peu, en ligne, et transforme de façon inégalable les pratiques de lecture. Les œuvres circulent et sont transmises, deviennent accessibles, mais paradoxalement dans une certaine uniformité culturelle. Il serait intéressant de mettre en lien ces pratiques du XVIIe siècle avec des plateformes d’écriture telles que Wattpad, lieu virtuel qui permet aux auteurs, souvent amateurs, de publier des textes en ligne. Chaque lecteur est amené à commenter, critiquer chaque page, chapitre, faute d’orthographe ou incohérence, ou bien, au contraire, flatter l’auteur. L’écriture est donc collaborative, avec un partage de prises d’auctorialité qui amène à une inévitable variabilité du texte. Ce genre de pratiques consistant à révéler un nouveau texte grâce à une critique semble retrouver une place, comme l’avait singulièrement préfiguré Malherbe dès le début du XVIIe siècle.

Bibliographie

1. Ph. Desportes,

§ Les Amours d’Hippolyte, éd. critique suivie du commentaire de Malherbe, éd. V. E. Graham, Genève, Droz, « TLF », 1960.

§ Diverses Amours et autres œuvres meslées, éd. critique suivie du commentaire de Malherbe, éd. V. E. Graham, Genève, Droz, « TLF », 1963.

§ LesAmoursdeDiane(IetII),éd.critiquesuivieducommentairedeMalherbe,éd.V.E.Graham, Genève, Droz, « TLF », 1959

§ Elégies, éd. critique suivie du commentaire de Malherbe, éd. V. E. Graham, Genève, Droz, «

TLF », 1961.

§ Cartelsetmascarades,épitaphes,éd.critiquesuivieducommentairedeMalherbe,éd. V. E. Graham, Genève, Droz, « TLF », 1958.

§ Cléonice,dernièresamours,éd.critiquesuivieducommentairedeMalherbe,éd.V.E. Graham, Genève, Droz, « TLF », 1962. La Doctrine de Malherbe d’après son commentaire sur Desportes, Paris, 1891.

  • Ferdinand Brunot, La Doctrine de Malherbe d’après son commentaire sur Desportes, Paris, 1891.
  • Gilles Ménage, Les Œuvres de Mre François de Malherbe…, Paris, 1647.
  • Urbain Chevreau, Remarques sur les œuvres poëtiques de Mr. de Malherbe…, Paris, 1660.
  • Pierre Coste, Défense de M. de La Bruyère et de ses Caractères contre les accusations et les objections de M. de Vigneul-Marville [1702] – disponible dans : Les Caractères de Théophraste, avec les Caractères ou les Mœurs de ce siécle, par M. de La Bruyère…, 1743, tome II.
  • Jean-Marc Civardi, (éd.), La Querelle du Cid (1637-1638), Paris, Champion, 2004.
  • Montaigne, Essais
  • P. de Ronsard Le premier livre des amours
  • Tallemant des Réaux – Les historiettes, tome I
  • Antoine d’Adam, préface pour Malherbe, Poésies Éd. Poésies/ Gallimard, 1971
  • Poètes du XVIe siècle édition établie et annotée par Albert-marie Schmidt, Éd. Gallimard, La pléiade, 1953
  • Anthologie de la poésie française, éd. Robert Laffont coll. « bouquins », 1984
  • Robert Sabatier, Histoire de la poésie française Albin Michel 1975 Articles critiques en ligne
  • Guillaume Peureux, « Malherbe et le commentaire de poésie au XVIIe siècle. Commenter et réécrire », Dix- septième siècle, 2013/3 (n° 260), p. 455-468. DOI : 10.3917/dss.133.0455. URL : https://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2013-3-page-455.htm
  • Guillaume Peureux, « Un Ronsard à sa main. Un recueil manuscrit dans la bibliothèque de Jean de Piochet (1532-1624) ». Résumé de la communication du 19/10/17,” publié sur Lire par morceaux. Recueils et anthologies, le 24/10/2017, https://recueils.hypotheses.org/152.